Introduction
Beaucoup de foyers possèdent déjà un boîtier, fourni avec l’abonnement internet. Il fait son travail, il est inclus, et il ne vient à l’idée de personne de le remplacer — jusqu’au jour où l’on veut regarder autre chose que ce qu’il propose.
C’est là que la question se pose : ce boîtier peut-il faire tourner un abonnement IPTV, ou faut-il acheter un boîtier Android ? La réponse dépend d’un seul critère, mais il faut d’abord comprendre ce qui sépare les deux appareils.
Deux appareils, deux logiques
Un boîtier opérateur est un appareil fermé. Il est conçu pour délivrer le service télévision de l’opérateur, et tout y est orienté vers cet objectif : interface soignée, télécommande complète, mises à jour automatiques, remplacement gratuit en cas de panne.
Un boîtier Android est un appareil ouvert. Il fonctionne comme une tablette sans écran : vous y installez les applications que vous voulez, à commencer par celle de votre fournisseur.
- le boîtier opérateur excelle dans ce pour quoi il est fait, et ne fait rien d’autre
- le boîtier Android ne fait rien de particulier, mais permet tout
Cette différence de nature explique la plupart des réponses qui suivent.
Le boîtier opérateur : ce qu’il fait très bien
Il serait absurde de le présenter comme un mauvais appareil. Sur son terrain, il est souvent meilleur que n’importe quelle box achetée séparément.
- la qualité du service est celle de l’opérateur, avec un débit garanti sur son propre réseau
- l’intégration est totale : enregistrement, rediffusion, reprise de lecture, gestion du direct
- il ne coûte rien de plus et il est remplacé en cas de défaillance
- il est préconfiguré : on le branche, il fonctionne
Si vous vous contentez des chaînes qu’il propose, il n’y a aucune raison d’en changer.
Là où il s’arrête
Le boîtier opérateur atteint sa limite dès que vous sortez de son catalogue.
Le point sensible est le magasin d’applications. Selon les modèles et les opérateurs, il est absent, réduit à quelques applications partenaires, ou limité à celles de l’éditeur du système. Installer une application qui n’y figure pas est le plus souvent impossible, et ce n’est pas un réglage à trouver : c’est une restriction de conception.
Certains boîtiers récents, sous système ouvert, y échappent partiellement. D’autres, sous système propriétaire, n’offrent aucune porte de sortie. La situation varie donc beaucoup d’un opérateur et d’un modèle à l’autre — et elle peut changer d’une génération à la suivante, sans que vous ayez votre mot à dire.
Autre point : l’opérateur décide des mises à jour, de l’interface, et parfois de fonctions retirées du jour au lendemain.
Le boîtier Android : la liberté, et sa contrepartie
Un boîtier Android neuf coûte généralement entre quelques dizaines et une centaine d’euros. En échange, vous installez l’application de votre choix, y compris celle de votre fournisseur IPTV, et vous gardez la main sur l’appareil.
Mais la liberté a un revers, et il est réel.
- personne ne s’occupe de vous : pas de service client, pas de remplacement, pas d’assistance
- la qualité varie énormément d’un modèle à l’autre, y compris à l’intérieur d’une même gamme de prix
- les mises à jour du système dépendent du fabricant, et s’arrêtent souvent au bout d’un an ou deux
- il faut le configurer soi-même : réseau, compte, applications
Un boîtier Android bien choisi est excellent. Un boîtier Android mal choisi produit exactement les symptômes dont souffrent les utilisateurs mécontents : lenteurs, plantages, surchauffe.
Alors, lequel choisir
Le critère tient en une question : voulez-vous installer des applications que l’opérateur ne propose pas ?
- non — gardez le boîtier opérateur, il fera mieux le travail pour moins cher
- oui, et vous voulez quelque chose de simple — un boîtier Android d’une marque connue, choisi pour la qualité de son processeur et de son réseau, fera l’affaire
- oui, et vous voulez du matériel éprouvé — les appareils vendus par de grandes marques de matériel réseau ou informatique offrent un suivi plus sérieux que les modèles anonymes
Un point pratique : si votre boîtier Android doit être relié au téléviseur par une prise HDMI, un adaptateur ou une clé peut suffire pour un usage modeste, mais il montrera vite ses limites pour du direct en haute définition.
Peut-on garder les deux
C’est la configuration la plus répandue chez ceux qui ont longtemps hésité, et elle se défend très bien.
Le boîtier opérateur reste branché sur une prise HDMI et sert pour les chaînes de l’opérateur, l’enregistrement et la reprise. Le boîtier Android est branché sur une autre prise et sert au reste. On passe de l’un à l’autre avec la touche source du téléviseur.
Cela évite de trancher, au prix d’un second appareil et d’une seconde télécommande. Si votre téléviseur est récent, il pilotera probablement les deux — un point qu’aborde notre guide de la télécommande.
Conclusion
Le boîtier opérateur est un appareil fermé mais excellent sur son terrain ; le boîtier Android est ouvert mais vous laisse seul responsable de sa qualité et de son suivi. Le choix ne dépend donc pas du budget ni des caractéristiques, mais d’une seule question : avez-vous besoin d’installer des applications que l’opérateur ne fournit pas ? Si la réponse est non, gardez ce que vous avez. Si elle est oui, choisissez un boîtier Android pour la qualité de son processeur et de sa connexion réseau, pas pour le nombre de gigaoctets affiché sur la boîte.