Introduction

La plupart des boîtiers vendus pour l’IPTV tournent sous Android. C’est pratique — on y installe ce qu’on veut — mais c’est aussi lourd : un système complet, des services en arrière-plan, des mises à jour, et une interface pensée pour un téléphone plus que pour un téléviseur.

Il existe une autre voie, plus ancienne et toujours vivante : remplacer entièrement le système du boîtier par un lecteur minimaliste. Deux projets occupent ce terrain, LibreELEC et CoreELEC, et ils partagent la même idée — un appareil qui ne fait qu’une chose.


Le principe : un système, un usage

LibreELEC est une distribution Linux réduite à sa plus simple expression, construite autour d’un seul logiciel : le lecteur multimédia Kodi. Rien d’autre n’est installé, et rien d’autre ne tourne en arrière-plan.

Le système remplace celui d’origine du boîtier. Au démarrage, l’appareil n’affiche donc plus un bureau Android mais directement l’interface de Kodi, comme une console de salon.

L’intérêt est mécanique :

En contrepartie, l’appareil ne sait plus rien faire d’autre.


LibreELEC et CoreELEC : quelle différence

Les deux projets partagent le même socle, et se distinguent par le matériel qu’ils visent.

La règle est donc simple : vérifiez d’abord le processeur de votre boîtier. Un boîtier Amlogic se tourne vers CoreELEC ; une Raspberry Pi ou une machine générique vers LibreELEC. Installer la mauvaise image ne produit rien de bon.


Comment on regarde l’IPTV avec Kodi

Kodi ne lit pas nativement un abonnement IPTV, mais il dispose d’un module dédié qui fait exactement cela : le client PVR IPTV Simple.

Le principe est celui de tous les lecteurs IPTV :

Une fois configuré, l’ensemble se comporte comme une télévision ordinaire : on allume, on zappe, on consulte le programme. C’est précisément ce que cherche quelqu’un qui veut un boîtier dédié.


L’installation

Elle se fait sur une carte mémoire ou une clé USB, que l’on insère dans le boîtier. Selon les modèles, le système d’origine reste intact sur la mémoire interne — le boîtier démarre alors sur la carte, et l’on revient au système précédent en la retirant.

C’est un point appréciable : l’essai ne détruit rien. Vous pouvez tester LibreELEC ou CoreELEC quelques jours, et revenir en arrière si le résultat ne vous convient pas.

Comptez ensuite une demi-heure pour la configuration initiale : réseau, langue, puis le module IPTV et votre playlist.


Ce que vous perdez

Il faut être clair sur ce point, car c’est ce qui décourage le plus de monde.

Autrement dit, vous échangez la polyvalence contre la stabilité. C’est un bon calcul pour un appareil dont l’unique mission est de regarder la télévision, et un mauvais calcul pour un boîtier familial sur lequel on veut aussi installer des jeux ou des applications de vidéo.


Au quotidien : la télécommande

Un point pratique qu’on ne découvre qu’après l’installation : Kodi se pilote avec la télécommande du téléviseur. Le système gère le CEC, cette fonction du câble HDMI qui permet aux appareils reliés de se commander entre eux — allumer le boîtier en même temps que le téléviseur, et naviguer avec les flèches.

Un boîtier qui ne gère pas le CEC se pilote autrement : par une télécommande infrarouge dédiée, ou par une application installée sur un téléphone, qui transforme celui-ci en télécommande. Le confort est moindre, mais l’usage reste parfaitement viable.

C’est le genre de détail qui sépare un appareil utilisé tous les jours d’un appareil abandonné au bout d’un mois. Vérifiez-le avant de choisir sur quel boîtier vous installerez LibreELEC ou CoreELEC.


À qui cela convient

Ce choix convient à un profil précis.

Il convient moins à qui veut une application unique fournie par le prestataire, ou à qui utilise son boîtier pour autre chose que la télévision.


Conclusion

LibreELEC et CoreELEC remplacent le système d’un boîtier par un lecteur minimaliste construit autour de Kodi, auquel un module dédié permet de lire une liste M3U et un guide de programmes. Le gain est la légèreté et la stabilité ; le prix est la polyvalence, puisque plus aucune application Android ne fonctionne. Pour un boîtier dédié à la télévision, ou une Raspberry Pi qui prend la poussière, c’est une transformation qui coûte une carte mémoire et une demi-heure — et qui redonne souvent des années à un appareil qu’on croyait bon à remplacer.

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