Introduction
Il arrive un moment où le nombre de prises réseau devient le vrai problème. La box de l’opérateur en propose une ou deux, et l’on voudrait y brancher un téléviseur, un boîtier multimédia, une console, un ordinateur — tout ce qui gagne à être en filaire.
La solution tient dans un boîtier que l’on trouve facilement et qui ne se configure pas : le switch. On le branche, on y ajoute des câbles, et le réseau accepte soudain plusieurs appareils là où il n’en acceptait qu’un.
C’est un objet simple, mais il souffre d’une réputation floue. On le confond avec le répéteur, avec l’adaptateur USB, parfois avec le routeur. Or ces appareils ne font pas du tout le même travail, et savoir lequel résout votre situation évite d’acheter le mauvais.
Ce qu’un switch fait exactement
Un switch Ethernet prend une liaison réseau existante et la partage entre plusieurs appareils. Il possède une prise d’entrée — qu’on appelle le port amont — et plusieurs prises de sortie.
Branchez un câble entre la box et le port amont, puis un câble par appareil sur les autres ports. Chaque appareil dispose alors de sa propre connexion filaire, comme s’il était branché directement à la box.
Le point important est la manière dont il partage. Un switch ne divise pas le débit entre les appareils présents : il aiguille chaque échange vers le bon destinataire, et ne transmet à un appareil que ce qui lui est destiné. Deux appareils qui travaillent en même temps ne se volent donc pas la bande passante, contrairement à ce qui se passerait sur un câble réellement partagé.
C’est ce qui le distingue d’un simple répartiteur. Et c’est aussi pour cette raison qu’il n’y a rien à configurer : il n’attribue pas d’adresses, ne crée pas de réseau, ne filtre rien. Il transporte.
Ce qu’un switch ne fait pas
Il ne crée aucune connexion. Le switch ne fournit pas Internet : il répartit une liaison qui existe déjà. Si la box n’a pas de connexion, le switch ne fera que distribuer cette absence.
Il n’attribue pas d’adresses réseau. C’est la box qui continue de jouer ce rôle. Les appareils branchés sur le switch restent sur le même réseau que ceux qui sont branchés directement, avec les mêmes règles et les mêmes adresses.
Il n’améliore pas la qualité de la liaison. Un switch ne régénère pas un signal dégradé et ne rattrape pas un câble trop long ou abîmé. C’est une différence importante avec le répéteur Wi-Fi, qui, lui, reconstruit un signal. Notre article sur le répéteur Wi-Fi et le mesh explique ce travail de reconstruction et ses limites.
Il ne remplace pas non plus un routeur. S’il s’agit de créer un réseau séparé, avec ses propres adresses et ses propres règles, le switch n’en est pas capable : il prolonge un réseau, il n’en invente pas un second.
Où le placer par rapport à la box
La règle est simple : le switch se place après la box, et le plus près possible des appareils à desservir.
Le trajet complet ressemble à ceci : la box reçoit la connexion, un câble part de la box vers le switch, et le switch dessert les appareils.
Le placement compte pour une raison mécanique. Chaque segment de câble ajoute de la longueur, et la longueur finit par se payer. Un switch posé derrière le téléviseur, alimenté par un seul câble venant de la box, dessert le boîtier, la console et le téléviseur avec des câbles courts. Un switch posé à côté de la box oblige au contraire à tirer un câble par appareil jusqu’au salon.
Le switch a besoin d’une alimentation électrique, ce qui suppose une prise à proximité. Les modèles dits « non administrables » — la grande majorité de ce que l’on trouve en magasin — ne demandent rien d’autre.
Un point pratique, enfin : les switchs se chaînent. On peut brancher un switch sur un autre switch. Cela fonctionne, mais chaque maillon ajoute un intermédiaire et une alimentation. Dans un logement, un seul switch bien placé suffit presque toujours.
Switch, répéteur, adaptateur USB : trois objets différents
Ces trois appareils répondent à trois questions distinctes, et la confusion entre eux coûte de l’argent.
Le switch multiplie les prises filaires à partir d’une liaison qui existe déjà. Il répond à « je n’ai pas assez de ports ».
Le répéteur Wi-Fi prolonge une couverture sans fil. Il répond à « je ne capte pas assez loin ». Il travaille sur une liaison radio et partage son temps entre le routeur et les appareils, ce qui n’a rien à voir avec le travail d’un switch.
L’adaptateur Ethernet transforme une liaison sans fil en liaison filaire à l’arrivée. Il répond à « mon boîtier n’a pas de prise réseau, ou capte mal ». Notre article sur les adaptateurs Ethernet décrit ce qu’ils apportent exactement, et notamment ce qu’ils ne règlent pas.
Un quatrième appareil est souvent cité dans le même souffle : le CPL, qui fait passer le réseau par le câblage électrique. Lui non plus n’est pas un switch : il remplace le support de transmission, pas le nombre de prises.
Le tri est donc simple. Si le problème est un manque de prises, un switch. Si le problème est la distance ou la qualité du signal, c’est vers autre chose qu’il faut se tourner.
Le cas classique : trois appareils, une seule prise
Tant que la box est posée près du téléviseur, le switch n’apporte pas grand-chose : la box a déjà ce qu’il faut.
La situation se complique quand la box est à l’entrée du logement, dans le tableau de communication, et que le téléviseur se trouve à l’autre bout. C’est le cas de figure où le switch rend le plus service.
Un seul câble part alors de la box jusqu’au meuble du téléviseur, et le switch installé derrière le meuble redonne des prises à tout ce qui s’y trouve. Le câble unique devient une colonne vertébrale, et le switch la répartit.
Un détail à ne pas négliger dans ce montage : le câble qui relie la box au switch est le seul qui compte pour la qualité de l’ensemble. S’il est trop long, abîmé ou mal serti, tous les appareils en souffriront en même temps. C’est aussi le premier endroit à vérifier si l’installation devient instable d’un seul coup.
Faut-il en acheter un ?
Trois situations justifient l’achat sans hésiter : plusieurs appareils filaires à brancher, une box éloignée des écrans, ou un boîtier multimédia qui a besoin d’une liaison stable.
À l’inverse, il est inutile d’en acheter un si vous n’avez qu’un seul appareil filaire : le câble suffit. Il est tout aussi inutile d’en acheter un si votre problème est la couverture Wi-Fi ou la lenteur de la connexion, car le switch n’a aucune prise sur ces deux sujets. Notre article sur les problèmes IPTV courants aide à faire ce tri avant d’acheter quoi que ce soit.
Conclusion
Le switch est l’accessoire réseau le plus simple et le moins risqué : il ne se configure pas, ne change rien au réseau existant, et se contente de multiplier les prises filaires.
Il faut simplement lui demander ce qu’il sait faire. Un switch partage une liaison ; il ne la crée pas, ne l’améliore pas, et ne remplace ni un répéteur, ni un adaptateur Ethernet, ni le CPL.
Bien placé, près des appareils et correctement alimenté, il transforme un meuble encombré de câbles en une installation propre — et pour un flux vidéo, le filaire reste la liaison la plus constante que l’on puisse offrir à un boîtier.